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In restless dreams I walked alone ☆ FEAT Charles Macaulay

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Ven 23 Nov - 0:38
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Charlie McKenneth
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A l'aide de leurs deux présences et personnalités, ils semblaient avoir réussi à créer un climat agréable, dans lequel quelques moments de silence avaient parfaitement leur place. Ils s'observaient, les yeux encore un peu embués par l'alcool pour le plus jeune des deux. Et soudainement, la vie reprenait, avec le son d'une de leur voix. Le fait que Charles suive son mouvement le fit rire doucement, avant qu'il ne reprenne la conversation là où il l'avait laissé.

- C'est ce qu'on dit oui... J'ignore si c'est vrai. On s'étonne probablement plus des génies qui meurent tôt, car leurs connaissances semblent plus extraordinaires que celles des vieux. Je sais pas vraiment, je connais pas de génie.

L'argent avait été une obsession pour le plus jeune pendant des années, et encore maintenant il faisait partie de la minorité de personnes de son âge qui effectuent leurs comptes soigneusement. Pas qu'il ait eu le choix, une fois livré à lui-même. La première année, il l'avait passé comme un rat. Puis un jour, au détour d'une conversation avec un quelconque camé il avait entendu parler de l'Académie Blackwell. Et dès lors il s'était battu, avait fréquenté des milieux que beaucoup ne pouvaient imaginer, avait trempé dans des affaires plus que douteuses. Mais finalement il avait réussi, et s'était pointé – mal en point – aux examens d'entrée. Il avait donné quasiment tout son argent, son cœur se fendant face à la vacuité de tout ceci. Des mois d'acharnement, pour une scolarité. Pour avoir le droit d'espérer un avenir un peu moins crasseux.

- Tout de même... C'est beaucoup à mes yeux. Souffla-t-il avant de détourner son petit visage, pour le tourner vers le ciel qui s'éclairait progressivement. La nuit laissait place au jour, toujours frisquet mais lumineux. Avec un petit choc, il réalisa qu'ils venaient de passer la nuit à parler.

Ce n'était qu'un petit déjeuner pour Charles, mais selon le blond c'était un repas offert. Une nourriture précieuse qu'il n'aurait pas eu le luxe de pouvoir s'autoriser en temps normal, c'est à dire en solitaire. Les années à bouffer ce qu'il trouvait dans les poubelles, parfois moisies ou en début de décomposition lui revinrent en mémoire et il secoua brièvement sa crinière comme pour chasser le dégoût.

- Il doit être tôt maintenant... On commence à voir le jour. On devrait bouger, non ? Proposa-t-il sans plus de motivation. Finalement, crécher ici n'avait pas été une si mauvaise idée. D'ici quelques minutes, voire heures il serait de nouveau seul. Contre le Vortex Club. Contre Manson. Contre la vie qui lui foutait des coups de pieds dans les côtes pour lui rappeler qu'elle pouvait le faire chier longtemps.

lumos maxima
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Ven 23 Nov - 1:04
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Charles Macaulay
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Il se mit à hocher la tête sur ses paroles, comme si les mots de Charlie refermaient un essence divine précieuse et le sens profond de la vérité universelle.

- Oui, Henry était certainement un génie. Tout ce qu'il touchait se transformait en or. Enfin, presque tout. Ce n'était pas un sain, loin de là. Il tenait plus lieu de robot que d'homme, pour être honnête. Il était fascinant. Pas mal de monde avait peur de lui. Je crois qu'il savait parler sept ou huit langues, dont les hiéroglyphes.

Il constata que Charlie ne devait pas non plus être très riche. Bien moins que Charles, qui se permettait plus que raison des dépenses anarchiques, surtout dans les bars. Ca, il faisait de son mieux pour le stopper. Il y a quelques jours, il avait erré toute la nuit sans se souvenir même de son prénom, avait terminé au poste de police, ivre mort, black-out complet, écran noir. Une mauvaise expérience parmis d'autres. Et tout comme son overdose avait été conclue par un seuvrage d'urgence, son foi réclamait la même candeur et Charles se sentait presque prêt à le lui offrir. Le truc, aussi, c'est que pour Charles, sobriété rimait avec dépression. Or, il n'avait pas besoin de ça en plus.

- T'en fais pas, sérieux. Ca me fait plaisir. Et puis t'as l'air d'en avoir autant besoin que moi.

Il observa avec l'étonnement d'un enfant le soleil entamer sa longue traversée du désert de la journée à-travers le ciel immense. En effet, on y voyait désormais plus clair, on lisait mieux les contours des bâtiments et des rues.

- Tu as sans doûte raison. Tu sais où on peut trouver une boulangerie ouverte à cette heure-là ? demanda-t-il tout en se redressant sur les coudes à grand renfort de soufflements.

Se lever était une tâche difficile. Charles avait un vertige puissant qui le paralysa un instant et obscurcit dangereusement sa vision. Les deux garçons s'aidèrent mutuellement, un peu à l'image (du moins c'est celle qui vint en tête du jeune Macaulay) de Tom Sawyer et de Huck dans les bois du Mississipi. Il sourit pour lui-même en y pensant.
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Ven 23 Nov - 15:54
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Charlie McKenneth
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- Tu sais que même si je trouve ça fascinant, ça me fait quand même bien douter quand j'entends parler de gens avec des capacités pareilles ..? Franchement ça me fait l'effet d'être la dernière des merdes. Pourtant c'est pas faute d'essayer mais on a pas tous les mêmes capacités, ni la même base. Un peu injuste.

L'air grave, le plus jeune se prit à imaginer ce qu'il aurait pu faire de différent en ayant grandi toute sa vie différemment. S'il n'avait pas été déraciné de tous ses repères avant ses dix ans. Et si on lui avait donné un peu d'importance.

L'air sombre sur la figure de Charlie était également dû en partie à ses souvenirs de la rue, et bien qu'il essaie de les chasser ce n'était pas encore gagné. On ne pouvait pas effacer deux ans et quelques de vie en un claquement de doigt, en une séance chez une psychologue scolaire, ou en une nuit passée avec un inconnu plus si inconnu que ça.

- Okay, bah merci alors. Et effectivement... Je crois qu'on doit rebrancher nos alimentations avant de tomber en rade là.

- Hm je pense oui... Par contre va falloir marcher un peu pour y arriver. C'est pas tout près. L'informa-t-il, tout en entamant également une manœuvre de redressement corporel. Ce n'était pas évident, et il se retrouva à être soutenu par Charles, tout en le soutenant lui-même, dans un nœud assez complexe de jambes et de bras. Ils finirent enfin par se trouver tous deux debout, bien qu'encore tremblants sur leurs guibolles. La route promettait d'être acrobatique, et plutôt comique à voir pour tout observateur extérieur. Heureusement, ils étaient bel et bien seuls pour le moment.

- Avec un peu de chance on croisera personne, il sera environ six heure...Six heure trente le temps qu'on arrive. Y a pas beaucoup de gens sortis à ce moment, en théorie. On sentait que le jeune homme essayait de se rassurer et que le regard des autres le touchait encore un peu trop.

lumos maxima
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Ven 23 Nov - 17:40
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Charles Macaulay
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N'importe qui se sentirait comme un moins que rien à côté de Henry. Il avait cette capacité, pourtant, à ne prendre personne de haut sans pour autant considérer qui que ce soit comme son total égal. Il avait certainement raison. Cela ne choquait personne, en vérité.

- Ouais, on en rencontre pas beaucoup dans une vie des gens de ce genre. On pourrait croire qu'ils sont difficiles à supporter mais apparemment le seul qui ne parvenait pas à le supporter, c'était lui-même. Certainement pour ça qu'il s'est buté, après tout. À moins que ce ne soit sa morbide attirance pour le sublime.

Charles ne riait plus du tout. Après tout c'était en grande partie sa faute s'il était mort. Triste à dire sachant qu'il ne gardait aucun souvenir de ses actes, mais la tombe de Henry en témoignait à la place de sa mémoire.

D'un coup, il n'avait plus du tout faim et avait même plutôt pas mal envie de vomir. Il se retint à un mur le plus proche en tentant de garder la face, mais il n'en menait pas large. Ses émotions contrôlaient les réactions de son corps et il n'avait aucun contrôle sur cela. Il se passa une main sur le visage et eut soudain très envie de s'allonger sur le sol humide, de dormir, longtemps. Au lieu de cela, il redressa la tête et entama sa marche, encore accroché au bras de Charlie. Ce n'était pas vraiment un contact voulu, mais plus d'une utilité vitale. Il se serait bien rétamé s'il n'avait pas été là et c'était certainement réciproque.

- On s'en fout, de croiser du monde. L'autre nuit une prof de l'université m'a ramassé dans la rue et a dû me ramener chez elle pour pas me laisser crever dans le caniveau. Les gens jugeront un quart de seconde sur le moment et ils oublieront juste après.

Il se mit à entamer une marche promise longue avec lenteur et fatigue, traînant sa carcasse d'un pas traînant. Les choses n'étaient pas simples.

Sa nausée était un peu passée.
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Ven 23 Nov - 18:53
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Charlie McKenneth
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Les paroles brutes de Charles le percutèrent en plein cœur, et il n'ouvrit pas la bouche pour y répondre. Que dire de toutes façons ? Il était trop tard, et il n'avait pas connu Henry donc ne pouvait rien justifier, expliquer ou temporiser. Avec douceur, il vint poser sa main rachitique sur la sienne, quelques instants pour lui communiquer une sorte de soutien et surtout de force, bien que lui même n'en ait plus beaucoup. Puis aussi naturellement il retira sa main, n'étant pas quelqu'un de très tactile.

Visiblement Charles avait quelques difficultés, entre son estomac et son sens de l'équilibre précaire, tout semblait indiquer une chute rapide. Cependant le plus jeune s'obstina à le maintenir debout, sachant que s'ils retournaient au sol, ils n'en bougeraient certainement pas avant de nombreuses nouvelles heures. Or, ils avaient cours tous les deux.

Après un moment, leur longue marche commença, rythmée par les risques de chute et les obstacles à éviter. Dans un coin de sa tête, Charlie se jura que si cette nuit venait à se reproduire il se débrouillerait pour trouver un coin moins accidenté.

- Et bien t'as eu de la chance. Moi je m'en fous pas. Je peux pas m'en foutre. dit-il sur le ton de la conversation, révélant par là qu'il n'avait pas forcément la conscience tranquille. Voire même qu'il avait quelqu'un sur le dos. Imaginer tomber sur James Manson dans un état pareil aurait été la pire chose de sa vie.

Ce fut Charlie qui, comme promis des heures plus tôt, guida leurs deux carcasse à travers la campagne puis le début de la civilisation jusqu'à ce qu'apparaissent les premiers bâtiments de la ville. Les lampadaires étaient justement en train de s'éteindre, annonçant le retour prochain de l'animation des rues. Et justement, la devanture d'une boulangerie était allumée, et une silhouette semblait bouger derrière la vitre.

- Je pense qu'ils sont en train d'ouvrir. Indiqua donc le blond, tout en s'accrochant un peu plus violemment à l'épaule de sa béquille du moment. Le froid s'était infiltré dans tous ses pores et il tremblait maintenant comme une feuille.

lumos maxima
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Ven 23 Nov - 22:48
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Il n'y avait rien à dire après sa sombre tirade. Il parlait trop et s'en rendait compte après coup et se sentit obligé d'offrir un sourire réconfortant à Charlie lorsque celui-ci posa une main sur son épaule comme pour le consoler. Il n'en avait pas besoin. La bouteille le consolait mieux que n'importe quelle thérapie. C'en devenait désobligeant.

Il marchait un peu comme un automate, trop fatigué pour focaliser son attention sur ce qui se passait autour de lui. Il voyait de nombreuses petites étoiles blanches autour de son champ de vision et il distinguait seulement les contours flous des objets autour d'eux.

- S'en foutre est une sorte de mécanisme de défense. C'est pas tout le monde qui l'a, je suppose. T'as peut qu'on te voit ? Quelqu'un que tu connais ou quoi ?

C'était peut être des questions indiscrètes, mais au point où ils en étaient, il y avait plus grave. Charles se reconcentra sur la route pour ne pas trébucher. Ils restèrent pas mal silencieux. Sûrement que la tirade sur le suicide de Henry avait foutu un froid. Charles n'arrivait plus a réfléchir. Il fallait vraiment qu'il se remplisse l'estomac. Un café chaud ne lui ferait pas de mal non plus.

Ils arrivèrent devant une boulangerie qui ouvrait à peine ses portes. L'odeur qui s'échappait de l'établissement - pain chaud, café, comme lorsqu'il allait en France avec sa sœur - aurait pu le faire pleurer. Lorsque Charlie marqua un temps d'arrêt devant, il s'adossa à un lampadaire pour contrer son vertige, l'air de rien, un air détaché (du moins le pensait-il) sur le visage. Il remarqua alors que Charlie avait l'air de geler sur place. Il hésita à lui donner son manteau, mais il était tellement trempé que cela ne l'aurait pas du tout réchauffé.

- Ça sent bon, se contenta-t-il de faire remarquer avec un hochement de tête entendu.
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Ven 23 Nov - 23:25
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Charlie McKenneth
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Le pauvre sourire que lui renvoya Charles fut suffisant pour Charlie. Il n'y avait pas grand chose à dire ou faire. La vie – ou ici la mort – était ainsi faite. Il reprit donc le débat sur le fait de se moquer du regard des autres.

- Effectivement, t'es le second à qui je parle qui s'en fout, mais le premier qui le fait de manière défensive. Plutôt pas mal... Il hésita avant de poursuivre, répondre ou non ? Il s'y risqua sans donner trop de détails. Ouaip, ça se pourrait que quelqu'un surveille mes faits et gestes, et pas pour de bonnes raisons.

Le silence était le bienvenu. Charlie ne se sentait pas gêné dans celui-ci, et même la conversation sur l'ami suicidé de Charles n'avait pas plombé l'ambiance selon lui. Il fallait juste parfois des temps morts, ils n'étaient pas deux grands amis se retrouvant après douze ans d'absence. Chacun portait ses secrets, ses peines et ses douleurs.

Voir que la boulangerie était bel et bien ouverte aurait pu donné envie de danser au blond s'il n'avait pas été aussi mauvais danseur, et s'il ne soupçonnait pas le résidu d'alcool d'être responsable de ses pensées. D'ailleurs, il n'était pas le seul à galérer s'il en croyait la position faussement décontractée qu'avait adoptée Charles contre son poteau. Cela aurait pu le faire rire, mais il n'en avait pas l'envie. Cette situation sonnait trop désespérée pour cela. D'ailleurs la phrase de son camarade le fit acquiescer et il poussa la porte d'entrée pour qu'ils puissent enfin se poser dans un endroit chaud, et reprendre quelques forces.

D'office, il allait se diriger vers les quelques tables à disposition lorsque la voix de la patronne des lieux retenti et le crispa.

- Bonjour monsieur, mademoiselle. Vous êtes bien matinaux vous deux !

Sur le coup, il eut même l'impression de grincer des dents, probablement une idée de sa tête perdue. Il se força à répondre poliment, bien que l'envie de s'enterrer sous le carrelage propre soit bien présente.

- Bonjour à vous. Oui, on s'est levé tôt.

Cela sonnait comme une défaite pour Charlie, il avait à peine réussi à rendre sa phrase intelligible, et pour cause... Ses dents étaient réellement serrées. Ce n'était pas le moment pourtant de râler sur son genre. Mais on ne choisit pas sa colère. Elle vient d'elle-même.

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Sam 24 Nov - 14:43
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Charles Macaulay
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Quelqu'un qui surveille ses faits et gestes ? Charles se demanda une demi-seconde si Charlie ne pratiquait pas une bonne vieille paranoïa comme on les aime, avant de se dire que c'était au final bel et bien possible. Qui, pourquoi ce n'étaient pas ses affaires. Charles hocha la tête avec respect. Il n'allait pas lui forcer la main. Ce serait bien mal venu de sa part.

Ils se décidèrent à entrer dans le café/boulangerie. La luminosité de l'endroit agressa les pauvres pupilles de Charles avec ferveur et il se cacha les yeux avec la main. Son long manteau laissait quelques gouttes d'eau derrière lui alors qu'il avançait à l'aveugle le temps de retrouver la vue. L'odeur divine lui faisait tourner la tête. Il suivit Charlie au travers du dédale de tables bien propres. L'endroit était petit et chaleureux, silencieux et délicieusement chaud. Charles aurait pu en ronronner de bonheur.

Il tiqua aussi aux paroles de la vendeuse. Il leva une main à ses cheveux. Etaient-ils si longs qu'on le méprennait pour une fille ? Ça ne lui était jamais arrivé, il avait une carrure de mec (de mec sous-alimenté, mais quand même) et un visage qui ne laissait pas de doute quand à son genre. Il se creusait encore la tête quand il croisa le regard de Charlie et comprit qu'on lui parlait à lui. Elle, du coup ? L'avait-il mégenré au masculin depuis des heures ? À sa tête, quelque chose n'allait pas. Charles était complément perdu, tout à coup.

Il l'observa en biais, remarqua ses traits indéniablement androgynes (est-ce le terme ? Jésus). Ils s'installèrent à une table. Charles appliqua sa politique du "autant mettre les pieds dans le plat tout de suite plutôt que de marcher sur des œufs les deux prochaines semaines au risque d'en casser quelques uns".

- Hum, mademoiselle, hein ? Explique-moi, je suis confus. Je t'ai pris pour un garçon.

Il n'y avait pas de méchanceté ni rien de déplacé dans sa voix.
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Lun 7 Jan - 21:54
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Charlie McKenneth
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Fort heureusement pour Charlie, son partenaire de beuverie nocturne ne sembla pas paniquer et ne lui sortit pas tout un laïus sur une potentielle paranoïa. Et mentalement, le blondinet l'en remercia, sachant qu'il n'aurait probablement pas supporté que l'on remette en cause son calvaire quotidien, son cauchemar devenu bien réel. Plus le temps passait, et plus ce cher Charles gagnait du potentiel sympathie. Peut-être était-ce l'alcool. Peut-être son sarcasme. Un mélange de ce que sa personnalité à la fois discrète et affirmée racontait sur lui.

La politique de franc-parlé de Charles fonctionna à merveilles – peut-être était-ce sa manière de poser sa question qui était rassurante - et fut d'ailleurs applaudie à deux mains par Charlie. Une fois que le sujet serait abordé, il n'aurait plus qu'à fuir et à éviter cet élève sur le campus. Un de plus, rien de très grave. Alors pourquoi sa gorge se serrait douloureusement ? Peut-être car c'était la seconde fois qu'il s'apprêtait à faire son coming-out. Et que cette personne là, il ne la connaissait pas assez pour prévenir la moindre de ses réactions.

Trêve de torture mentale, il est temps de te lancer mon coco s'apostropha le blondinet avant d'ouvrir la bouche, en évitant du mieux possible de regarder son vis à vis.

- Y a pas grand chose à expliquer. En fait je suis... Je... Je préfère que tu me vois comme un garçon. Parce que même si physiquement c'est pas trop ça bah... J'en suis un. Pardon, j'aurais dû le dire plus tôt. C'est pour ça que j'évite de parler aux gens d'habitude. Si je parle pas, j'ai pas besoin de me placer. Ni mensonge, ni vérité.

Et ce qu'il lui avouait ici et maintenant, ce n'était pas l'alcool qui le lui dictait. C'était sa vérité pure et compliquée, sa demie-appartenance à ce monde dont il ne parvenait pas à faire partie.

- Je m'appelle vraiment Charlie, par contre. On va dire que j'ai eu de la chance sur ça, à croire que mon géniteur avait quelques dons de voyance. Marmonna-t-il comme une excuse honnête, tout en se faisant la remarque que son père n'en saurait de toutes façons jamais rien puisqu'il était aux abonnés absents.

Le silence était quasiment total dans la salle maintenant qu'il avait cessé de murmurer ses explications, et il redoutait plus que tout que le jeune homme face à lui se lève et se mette à lui hurler dessus. Pourtant cela aurait dû lui importer peu mais malgré tout, il s'était pris à espérer éventuellement partager une autre nuit. Ou quelques heures de plus avant la reprise des cours. Et maintenant... Maintenant ne restait plus qu'à attendre la sentence.

lumos maxima
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Jeu 10 Jan - 20:35
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Charles Macaulay
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Charles n'aurait pas osé faire de remarque sur de quelconques tendances paranoïaques vu la force des siennes. Sans cesse à l'affût, terrifié des services de police, des chiens en tout genre, des voyantes. Terrorisé quand il entendait des gens parler derrière lui, il se tapait des crises de parano à s'enfermer pendant des jours. Et il avait ses raisons pour cela.
Il fut confus par l'explication de Charlie mais se contenta de hocher la tête d'un air compréhensif. Était-il - quel était le terme ? - transsexuel ? Transgenre ? Charles n'y connaissait strictement rien. Jamais aucun de ses amis n'avait été dans ce cas. Lui-même n'avait jamais eu de problème avec son identité. Certainement parce qu'il avait à disposition un clone de lui en féminin. En revanche, niveau sexualité c'était une autre paire de manche. Son attirance indéniable pour la gente masculine le faisait facilement monter en stress. Il avait couché avec pas mal de mecs en étant ivre et faisait toujours semblant de ne pas s'en souvenir. En revanche, il aimait les demoiselles aussi. Il préférait éviter de se poser trop de questions.
"Ni mensonge ni vérité, j'aime bien l'idée. Je l'adopte pas mal, pour être honnête. En tout cas... Eh bien, pour moi t'es un garçon, dans tous les cas. C'est ce que j'ai cru dans un premier temps. Alors autant rester sur la première impression, pour une fois." Il souriait largement pour mettre Charlie à l'aise comme il sentait qu'il était mal. "Mais c'est sûr que c'est plutôt pratique. Merci papa et maman." C'était avec une consonance un peu ironique qu'il prononça sa dernière phrase. Il avait l'esprit ailleurs. Perdu dans un dédale alcoolisé fort peu agréable. Il était déprimé. Plus encore, il avait soif. Sa soif n'était jamais étanchée. Pouvait-il commander de l'alcool, ici ? Autant demander. Il se pencha sur la table et tapota du doigt sur la surface en bois. La voix basse. "Tu crois qu'ils servent quelque chose de plus fort que du café à cette heure-là ?"
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